Après une bonne partie de ma vie passée en France, ponctuée de multiples virons en Europe sur diverses montures (Ah les Alpes ! Ah les Balkans ! Ah le Massif Central !), j'ai eu la chance en 2012-13 de tracer en Amérique du Sud sur un petit Honda Tornado 250 : Pérou, Equateur, Chili, Argentine, Uruguay, Bolivie.
C'est lors de ce voyage que j'ai rencontré ma compagne argentine, et nous vivons désormais dans son pays.
Nous n'avons jamais pu immatriculer notre Pan European apportée de France et c'est actuellement avec une 500 Benelli argentine que nous poursuivons nos rêves à la découverte des fabuleuses routes sud-américaines. Des petits trips vers la Patagonie, des bouts de Brésil, Paraguay, Bolivie, et bien sûr les Andes, toujours les Andes, pour la beauté de ses routes ou chemins à plus de 4000 m d'altitude, et l'impressionnante paix de la puna, qui sans cesse te rappelle...
Nous sommes désormais centrés dans le nord-ouest argentin, tout près de la Bolivie et du Chili. Le coin est une source inépuisable de balades, petites ou grandes. Mais bien d'autres régions d'Am Sud sont magnifiques, et je vais essayer de vous en présenter quelques-unes.
L'idée sous-jacente est bien sûr que vous réussissiez à vous échapper vers ce continent, où, si vous le souhaitez, j'aurai le plaisir de vous aider à vous orienter, ou partager quelques tours de roues. N'hésitez pas à me contacter, ce sera toujours un plaisir de vous renseigner.
Désormais, on roule pépère, mais l'envie d'aller voir ce qu'il y a juste derrière le prochain col est toujours là, intacte.
Andar y andar.
Hasta luego!
L'Argentine, c'est grand, voire très grand. Une bonne partie est moche, c'est la pampa, aride ou cultivée, chaude ou très chaude au nord, et froide ou glaciale au sud. C'est plat, ce sont des lignes droites interminables, il y a souvent du vent latéral, ça use. Tu as les pneus au carré, c'est sans intérêt. Mais tout ce qui est proche des Andes est tout simplement somptueux.
Je vois beaucoup de motards dans mes balades dans le coin. Un certain nombre débarque pour se faire la 40, la célèbre RN 40 qui va de La Quiaca à la frontière bolivienne quasiment jusqu'à Ushuaia, 5000 bornes plus au sud. Certains font l'A/R en 2 ou 3 semaines. Pourquoi pas, chacun fait comme il veut, ou comme il peut selon son temps libre.
Mais je suis plus du genre à musarder et explorer à fond, et il est une région de l'Argentine qui se suffit à elle-même pour y consacrer du temps, ou beaucoup de temps. Un mois, deux mois, ou plus : le nord-ouest (NOA) qui regroupe les provinces de Jujuy, Salta, une partie de Catamarca et Tucuman. C'est un paradis (rien que ça) accessible aux motards de tous niveaux : les baroudeurs qui peuvent se manger du ripio ou du hors-piste à n'en plus finir, ou les tranquilles qui aiment baguenauder sur l'asphalte "viragineux." Une expérience dans des paysages uniques, inoubliables, une Argentine paisible dans un brassage de peuples et de cultures. C'est la région où j'essaye de vivre désormais !
Stations services dans tous les bleds un tant soit peu importants, SAUF sur la puna (prévoir peut-être un bidon pour certaines motos)
Super : 0,75 euros le litre (après change parallèle), mais ça peut changer !
Attention : selon les régions, souvent complets de décembre à mi-mars.
Nuit de 15 à 30 euros, après change parallèle, pour un couple en catégorie moyenne dans un hôtel simple mais correct.
Prix dérisoires, mais sanitaires le plus souvent rustiques et mal entretenus.
ATTENTION : les campings sont des endroits de fêtes surtout le week-end ou en haute saison (décembre à mi-mars)
Camping sauvage sans problème, surtout sur la puna (sauf indications contraires)
Choix varié, depuis le stand dans la rue jusqu'aux très bons restos.
Prix moyen pour plat unique courant : 4 à 5 euros par personne.
Péage : hors Buenos Aires et quelques grandes villes, péages gratuits pour les motos (emprunter la piste de dégagement sur le côté droit des péages)
Le NOA est fréquentable quasiment toute l'année, mais :
- l"été (décembre à mars) est la saison des pluies. Il ne pleut pas tous les jours, mais quand il pleut, il pleut ! Mais je roule quand même l'été sans problème majeur.
- l'hiver (juin à septembre) est le plus souvent sec. Plutôt doux dans les vallées, peut être glacial et enneigé sur la Puna, et infréquentable à moto. Les routes sont d'ailleurs souvent fermées.
- Printemps et automne sont les bonnes saisons.
- Mais avec le changement climatique, on ne sait plus rien !
Le budget que je donne est bien sûr indicatif. Il correspond à un mois de voyage, une fois considéré que vous avez une moto sur place (perso, louée ou achetée).
Il comprend l'essence, les nuitées dans des hôtels simples mais corrects, un restau par jour, des encas sur la route, quelques imprévus, le tout pour une ballade d'un mois.
Libre à vous de l'adapter à la hausse ou à la baisse.
Et il est calculé au taux de change parallèle.
La situation économique de l'Argentine est instable et peut changer à tout moment, mais en général cela n'affecte pas trop les prix calculés en euros ou dollars.
La cuesta de Lipan et la route vers le Paso de Jama : des lacets, des salinas, la puna, les sommets enneigés, on cherche son oxygène mais on en prend plein les yeux !
La quebrada de las Conchas, au nord de Cafayate : j'y suis passé au moins 15 fois, et sa magie fonctionne toujours ! Une orgie de couleurs minérales qui varient avec les lumières du jour ou des saisons, des formes d'érosions dantesques, et le vert de la végétation au bord du rio. On y va et on y revient sans cesse !
L'Hornocal, une palette d'une trentaine de nuances minérales dans une sierra au nord de Humahuaca, au bout d'une piste un peu pénible de caillasse et fréquentée, mais valant largement le déplacement. Attention, on monte à 4300 m, la moto parait plus lourde brusquement !
Pour les amoureux de la nature, du vert, des plantes, la traversée du parc national de l'Aconquija sera un enchantement. C'est une bonne piste, mais elle est à éviter après de grosses pluies, cela peut vite se transformer en bourbier car il y a un peu de trafic local.
Pour les plus aventureux, passer l'Abra de Acay sur la 40 pour relier San Antonio de los Cobres à Cachi est une jolie expérience. C'est la route la plus haute d'Argentine, elle chatouille les 5.000 m, ce ne sont que 150 km jusqu'à Cachi. Mais cela peut être dur, avec une météo très variable. Même en été, et le trajet pourra prendre la journée (il est recommandé de pointer en gendarmerie au départ et à l'arrivée).
Tolar Grande est un peu le symbole de la puna dans le NOA.
Un village de rien perdu à 4.300 m, des centaines de km de piste pour y accéder ou en partir, des paysages époustouflants. Pour être honnête, je n'y suis pas encore allé, malgré 2 ou 3 tentatives avortées pour cause de météo incertaine.
La montée vers Tafi del Valle (Tucuman) par la cuesta Del Indio et la descente vers Amaicha par l'Infiernillo. Un bonheur de route asphaltée en courbes et lacets (1294 virages pour être précis !). Du genre qui invite à l'arsouille, vous emmenant de l'étage subtropical des yungas jusqu'aux prés humides d'altitude, avant une plongée vers une vallée aride et ses cactus candélabres. Un condensé de tous les écosystèmes de la région.
ITINÉRAIRE
Je ne suis pas un grand aventurier à moto et n'ai jamais pratiqué le hors-piste. Je me contente de suivre pépère les routes ou pistes de ripio. Et l'Argentine de cette façon est techniquement facile pour tous les motards, à part les problèmes éventuels d'altitude.
Mon itinéraire n'est pas un itinéraire !
Mes suggestions de balades, qu'on prendra dans l'ordre qu'on veut, ne sont que des trucs que j'ai fait perso : petites distances, rythme tranquille, avec l'idée de profiter au maximum des fabuleux paysages et des rencontres, basées sur l'entraide qui règne dans les montagnes.
VISA
Pas de visa prérequis pour les français en Argentine, 90 jours de visa touristique donnés à la frontière, avec renouvellement possible, soit à l’immigration, soit par entrée sortie, même en une journée, dans un pays voisin. La moto , si elle est personnelle, reçoit sans problème une importation provisoire (comme un visa) à chaque frontière de quasiment tous les pays d'Amérique du Sud. En location, demander une autorisation de sortie à l'agence.
ROULER AVEC SA MOTO PERSONNELLE.
Pour les plus riches, par avion, vers l'Argentine ou le Chili. Plus accessible mais demandant plus de temps, par bateau. Beaucoup plus facile par Montevideo en Uruguay (douanes argentines vraiment trop pénibles !). J'ai un contact pour passer de France à Montevideo une bécane en conteneur partagé à prix correct.
LOCATION DE MOTO
Marché assez peu développé en Argentine, mais il existe tout de même plusieurs agences. Les moins chères sont peu connues, j'ai un contact à Buenos Aires.
Bonnes agences au Chili. La location est peut-être la solution la moins onéreuse pour un voyage de 1 à 3 mois.
ACHAT D'UNE MOTO SUR PLACE
Pour ceux qui ont du temps.
Mission impossible en Argentine pour des raisons légales, à moins d’avoir un bon pote argentin, qui sera le propriétaire. Relativement facile au Chili (infos sur de nombreux sites de voyageurs), où on trouve des bécanes pas trop chères.
Sinon j'en avais acheté (et revendu) une neuve au Pérou avec un visa touristique ! Solution économique pour ceux qui ont du temps (plus de 4 mois).
CHANGE
Prévoir du cash pour le change "dans la rue", il n'est pas conseillé actuellement d'utiliser une CB (taux de change, commissions et impôts très très défavorables).
Pour ne pas trimballer trop de cash, une solution est d'ouvrir en France avant de partir un compte Western Union (des agences partout en Argentine) et de se faire des transferts à soi-même vers l'Argentine (disponibilité quasi instantanée) mais taux de change un peu moins favorable (10%) que le cash.
SÉCURITÉ
Globalement bonne pour les touristes, excepté les grandes villes, où une vigilance normale est requise comme dans toutes les grandes villes du monde.
Dans le NOA, à la campagne, tu laisses ton casque sur la moto, il ne « s’envolera » pas !
Prudence totale à bécane, près des grosses villes, spécialement Buenos Aires (cas réguliers d'attaques à mains armées contre des motards). Toujours sortir de Buenos Aires en journée au milieu du trafic, la banlieue (ouest et sud) à moto est réellement dangereuse. Même de jour. TOUJOURS prendre les autoroutes, sans s’arrêter près de zones sensibles (on les sent !)
L'ALTITUDE
En altitude, rouler à moto peut être parfois difficile,. Il manque l'oxygène, et ce peut même être dangereux. Certains sont affectés, d'autres non, c'est la loterie!
Pour des sorties courtes, pas de souci. A moto, on monte vite, mais on peut aussi redescendre tout aussi vite. Par contre, pour des trajets plus longs au delà de 4000 , s'accoutumer avec une étape vers 3000 m, de 1 ou 2 jours, est nécessaire.
Ne jamais forcer. Des repas légers et énergétiques, boire beaucoup (alcool banni !) et ça devrait bien se passer. Les feuilles de coca, en vente partout, aident bien, à mâchouiller ou en thé. Avec un symptôme plus grave que les classiques (essoufflement, céphalée, envie de vomir), il faut redescendre DE SUITE, d'au moins 1000 m.
PUNA
Au contraire de certaines zones andines, comme l'altiplano bolivien ou au Pérou, la puna argentine n'est pas très peuplée. Il existe des coins où il y a à peine un hameau tous les 200 km, avec un trafic quasi inexistant. Et bien sûr, pas de réseau téléphonique ni de station-service. Il vaut mieux anticiper un peu : bidon essence selon autonomie de la bécane (même si on trouve parfois de l'essence chez l'habitant), eau et nourriture, vêtements chauds. Les nuits peuvent être littéralement glaciales sur la puna, même en été.
LA NUIT/LA MÉTÉO
Éviter de rouler la nuit sur les routes asphaltées, nationales comprises : animaux, nids de poules (parfois d’autruches !), plaques de sable, gazole sur l’asphalte dans les virages, gens bourrés le week-end, etc, etc.
Vérifier la météo TOUS les jours, surtout en été, et demander aux locaux la tendance. Un orage de grêle à 4.200 m d'altitude est une expérience vécue que je ne souhaite à personne.
Les orages en altitude sont toujours dangereux, et les éboulements ou crues soudaines de torrents sont monnaie courante vers les vallées, même dans une zone qui semble aride.
CONCESSIONNAIRES MOTO
Dans toutes les grosses villes, il y a des concessionnaires moto, et parfois des marques les plus connues. Un souci en ce moment : grosse difficulté pour trouver des pièces d'origine ou adaptables. Mais la situation peut évoluer.
Et les argentins sont très débrouillards. Honda m'a fait fabriquer il y a 3 ans un cardan de Pan European 1100, garanti en plus, pour 200 dollars !!! Oui, je sais, un cardan de Pan ne pète jamais…
LES FLICS
Il y en a partout, beaucoup de contrôles fixes en entrée ou sortie de villages.
Mais les temps de la corruption légendaire des flics argentins font vraiment partie du passé.
Parfois, ils t'arrêtent, et après une révision sommaire des documents, commencent les questions de base: Qu'est-ce que fout un français ici ? C'est bien l'Argentine ? (toujours répondre oui !). Et Messi, t'en penses quoi ?
En fait, dans certains coins, ils s'ennuient, donc il faut prendre ça légèrement, avec le sourire. Pas de stress, tu es en vacances ! Attention, il y a parfois des radars, et là, ils n'hésitent pas.
Mais dans le NOA, il semble qu'ils aient la consigne de laisser les touristes tranquilles.
LE RIPIO
Le réseau routier argentin est d'un assez bon niveau, hors routes vraiment fréquentées par les camions, et quelqu'un qui n'aime que l'asphalte peut accéder sans problème à une grande partie de l'Argentine.
Mais nombre d'axes sont aussi des pistes, y compris des nationales. Ici, on appelle ça le ripio. Il peut être régulièrement entretenu, ou pas, stabilisé ou pas. Il peut être constitué de terre, ou de sable, ou de petites pierres, ou tout mélangé !
Attention : beaucoup de portions sont impraticables en période de pluie, à moins d'aimer affronter des bourbiers sans fin. Mais à quelques exceptions près, ce sont des pistes praticables sans un très grand bagage technique, hors saison des pluies.
NAVIGATION
Je n'ai pas de GPS.
J'utilise MAPS.ME sur mon téléphone, et à mon sens, c'est largement suffisant. Les cartes sont régulièrement actualisées, et je n'ai jamais pris en défaut l'application, y compris sur des petits chemins totalement perdus. Certains m'ont dit que dans la zone de Tolar Grande il y avait quelques blancs, mais de toutes les façons c'est un coin un peu compliqué.
I : de San Salvador de Jujuy (Jujuy) à Cachi ou Molinos (Salta)
Distance : 300 KM
Difficulté : 2/5
65 km de ripio (entretenu)
De San Salvador à Salta, par l'ancienne RN9 dite la "cornisa" : route asphaltée très sinueuse et TRÈS étroite (prudence extrême pour les croisements en virages souvent serrés) à travers les yungas (forêt subtropicale) en petite montagne. 50 à 60 km/h max !
On peut s'arrêter à Salta, mais ça reste une grosse ville !
De Salta à El Carril : par la RN 68, rien de spécial, c'est de la liaison !
De El Carril à Cachi par la cuesta del Obispo : une route superbe passant de l'étage subtropical à la puna à 3.500 m d'altitude environ, pour traverser ensuite le parc national des Cardones par la "recta de tin tin". Des cactus candélabres, des guanacos (camélidés), et au loin avec un peu de chance, les neiges éternelles du Cachi à 6.300 m et quelques ! 25 km de ripio entretenu (mais souvent très poussiéreux) dans la montée en lacets.
2 ou 3 km après la sortie du ripio de la cuesta del Obispo, un détour par El valle encantado (la vallée enchantée) avec 10 km de piste A/R et la vallée porte bien son nom !
Cachi est un village charmant de style dit colonial, mais parfois un peu trop fréquenté. Mais il y a tant d'hébergements qu'il est souvent possible d'y faire étape, même si les prix sont parfois plus européens qu'argentins. Une autre idée est de pousser jusqu'à Molinos, 40 km de piste de ripio plus loin (attention, quelques zones sableuses qui peuvent surprendre). Hébergements divers, y compris un superbe hôtel colonial (très cher !)
télécharger la trace gps
II : De Molinos (ou Cachi) à Cafayate
Distance : 120 KM
Difficulté : 2/5
100 km de piste
Une superbe descente à travers la Quebrada de la Flechas par la RN 40, dans un étonnant décor minéral.
A déguster tranquillement en une petite journée. Piste souvent sableuse ou de tôle ondulée, mais sans difficulté.
Cafayate / Cafayate
Distance : 100 KM
Difficulté : 1/5
asphalte ou piste
Même si Cafayate est fréquentée ou même très fréquentée, cela reste une étape agréable, sans sentiment d'oppression ! La vallée invite à de nombreuses balades : les ruines de Quilmes sont à 50 km, de nombreuses bodegas proposent d'excellents vins (toujours étonnant de voir des vignes parsemées de cactus !), et on peut déjà s'approcher de la Quebrada de las Conchas, qu'on traversera à l'étape suivante.
Très nombreux hébergements, en ville ou dans la campagne environnante.
La Quebrada de la Conchas de Cafayate à Salta
Distance : 190 KM
Difficulté : 1/5
asphalte
La Quebrada de la Conchas se traverse par une belle route asphaltée (RN 68) où l'on peut vraiment se faire plaisir à moto. Mais le paysage invite à s'arrêter à chaque virage. J'y viens et y reviens avec à chaque fois l'impression d'avoir raté un point de vue, une forme, une couleur, un ciel.
Un de mes coins préférés du NOA !
Pour les allergiques aux villes (comme moi !), faire étape avant Salta (El Carril, La Merced, etc)
La Quebrada del Toro de Salta à San Antonio de Los Cobres
Distance : 180 KM
Difficulté : 1/5
asphalte
Encore une quebrada qui vous captivera par ses paysages, parsemée de hameaux, certes pauvres, mais où les gens sont fiers d'y vivre et auront toujours un mot pour l'amour qu'ils ont de la vallée.
La Puna à partir de Santonio de Los Cobres
Distance : 700 KM
Difficulté : 3/5
pistes
Gros bourg se développant très rapidement en raison des mines environnantes, San Antonio est aussi connu pour son "train des nuages", mais à 80 USD les 24 km A/R, je zappe !
Mais c'est aussi un carrefour important pour les voyageurs, puisque s'y présentent plusieurs routes permettant de parcourir toute la puna du NOA :
- vers Belen (Catamarca) par Tolar Grande, Antofagasta de la Sierra et la laguna Blanca, 680 km de pistes et de paysages comme toujours magnifiques (je ne connais que la Laguna Blanca)
- vers le Chili par le paso de Sico (je ne connais pas)
- vers La Quiaca à la frontière bolivienne par la RN 40 ou pistes alternatives, 500 km environ (je n'en ai parcouru que des morceaux)
- vers Cachi par l'Abra de Acay, la route la plus haute d'Argentine (je n'ai pas fait)
A vous de voir comment organiser votre itinéraire dans le coin, tout est attirant, et chaque piste est une aventure et un petit défi, mais qu'on ne prendra pas trop à la légère à cause de l'altitude et de l'isolement.
Les yungas de San Salvador de Jujuy
Distance : 140 KM
Difficulté : 2/5
120 de pistes
Une petite balade peu connue des voyageurs, et même de pas mal d'argentins !
Sortir de San Salvador de Jujuy par la RN9 vers le nord, à une dizaine de km, enquiller la sortie (il y a des panneaux) vers Villa Jardin de Reyes et Termas de Reyes , où commence la piste (RP 4) vers les lagunas de Yala. Cela grimpe gentiment sur la montagne, c'est calme, c'est vert, c'est paisible...
A la redescente, à Yala, reprendre la RN 9 vers le nord, et à la sortie de Lozano, prendre à droite vers Tiraxi (il y a un panneau), c'est une piste (RP 29). S'il a plu récemment, la balade s'arrête à Tiraxi, la route emprunte le lit du rio sur 5 km, et les nombreux gués sont infranchissables à cause du courant.
Sinon, on continue vers Tesorero et Ocloyas, puis la redescente vers San Salvador par la RP 35. C'est toujours de la piste, elle est sans problème, à part un ou deux lacets en caillasse et ornières.
C'est vraiment une autre Argentine. On grimpe de petites montagnes, on plonge dans des vallons parsemés de petites fermes et hameaux, on ouvre et ferme des barrières sur le chemin pour que le bétail ne s'échappe pas, parfois s'envole un toucan ou une pénélope, on sourit de bonheur.
Cuesta de Lipan, Salinas Grandes, Susques
Distance : 200 KM
Difficulté : 1/5
asphalte et sel !
On sort de San Salvador de Jujuy par la RN 9, on tourne sur la RN 52 vers Pumamarca (on peut s'y arrêter, ou pas, c'est un joli petit piège à touristes). On enquille la Cuesta de Lipan et ses lacets vertigineux, pour débouler sur les Salinas Grandes. Encore et toujours des paysages spectaculaires !
Aux salinas, à partir de la nationale, on peut s'engager sur des chemins sur le sel, mais je crois que c'est payant ! On peut donc prendre la RN 79 juste avant (c'est du ripio) sur 1 ou 2 km, un chouia de hors piste, et hop, te voilà sur le sel, gratos !
Selon l'humeur, on redescend, vers Tilcara, Humahuaca ou San Salvador, ou bien on pousse vers Susques. C'est la puna, mais il y a un peu de trafic...
Susques, qui n'a rien de magnifique (sinon une station-service appréciable sous ces latitudes et quelques hébergements) est un carrefour :
- vers le Chili par le paso de Jama jusqu'à San Pedro de Atacama. Somptueuse route (asphalte) entre lagunas, fréquentées par des flamands, roses, et volcans enneigés.
- vers San Antonio de los Cobres par la RN 40 (piste)
- vers La Quiaca à la frontière bolivienne par la RN 40 (piste)
A vous de voir ! Toutes ces pistes sont superbes !
Quebrada de Humahuaca
Distance : 200 KM
Difficulté : 1/5
asphalte
En revenant de Susques par exemple, on peut faire étape à Tilcara, joli mais trop touristique à mon goût, à Humahuaca, plus calme, ou chercher des villages encore plus paisibles (pour le moment !) comme Maimara ou Uquia (jolie balade à pied, 7 à 8 km, vers la quebrada de las señoritas).
Surprise ! Ce sera le seul conseil culinaire dans ce road-trip : ne pas manquer un dîner (c'est fermé le midi) au restau Khuska à Tilcara. Une vraie cuisine andine, avec du lama, du chevreau, du mouton, des papines, etc, etc. Miam miam !
Humahuaca Iruya, A/R
Distance : 150 KM
Difficulté : 2/5
100 km de piste
Le village est beau (mais fréquenté en saison) et la piste est magnifique, avec un "caracole" vertigineux où on sert les fesses dans les épingles en bordure de ravin. Attention, le village est cerné de torrents, ne pas s'y laisser bloqué par temps d'orage (l'eau peut arriver en une grosse vague en moins de 10 mn !). Il peut être prudent de laisser la bécane juste avant le premier torrent et de continuer à pied.
Enfin, ça change pas grand-chose si l'eau monte, t'es quand même bloqué :-)
De Humahuaca à l'Hornocal
Distance : 70 KM
Difficulté : 2/5
piste
Une piste dans de bien beaux paysages, mais qui peut être un tantinet désagréable : comme c'est un lieu fréquenté, de nombreux 4x4 d'agences montent pleine balle, et la piste est souvent marquée par des ornières dans de petites pierres, et tu bouffes de la poussière !
Mais la vue sur cette sierra au 14 couleurs (ou plus ? certains disent 30 nuances !) vaut ces désagréments.
Le parc national de Calilegua, puis Valle Grande, Santa Ana, Caspala et Humahuaca
Distance : 380 KM
Difficulté : 2/5
320 km de piste
Peut-être la plus belle balade dans la province de Jujuy !
Pour commencer, le parc national ravira les fous de nature et de verdure, avant d'attaquer l'altitude avec 3 cols à plus de 4500 m, de beaux villages sur la puna et l'Hornocal en apothéose finale !
Peut évidemment se faire dans l'autre sens depuis Humahuaca, mais je trouve que c'est plus impressionnant de Calilegua vers Humahuaca
On peut aller de San Salvador à Libertador General San Martin (ouf !) par la RN 66 et la RN34, mais c'est beaucoup plus sympa par la RP 56 jusqu'à San Pedro. A Calilegua, 5 km après General Machin, commence la piste qui traverse le parc. C'est mieux de se signaler aux garde-forestiers à l'entrée, ils sont toujours contents de faire une brin de causette.
Hébergements (modestes !) à San Francisco après 50 km de piste, Valle Grande après 90 km, Santa Ana après 120 km, Caspala après 160 km.
Le parc national est vraiment un paradis subtropical, avec de nombreux sentiers pour s'immerger dans la selva.
Les sierras et la puna sont parmi les plus beaux coins de la province, et tous les villages ci-dessus méritent une visite ou une nuit d'étape.
Ces 320 km de piste peuvent se faire en une journée (fatigante !), mais ce serait dommage de ne pas prendre le temps d'apprécier le calme et le dépaysement, et je crois que 2 ou 3 jours sont nécessaires, surtout si on fait étape à Caspala (pour se rendre dans ce village, il faut faire un A/R de 50 km)
Attention ! Cette piste est quasi impraticable par temps de pluie et les jours qui suivent, spécialement la section de San Francisco à Valle Colorado, où j'en ai un peu bavé avec un trail chargé et à deux personnes.
La puna et les 3 cols sont un défi "rafraichissant" en hiver (des semaines à -20° à Santa Ana !).
J'insiste : toujours prendre connaissance de la météo, quelle que soit la saison, il peut y avoir des surprises à 4 600 m (vent, grêle, orages, et neige, même en été !).
ATTENTION aux éboulements et montées subites de torrents !
(j'ai vu en été de très solides ponts en béton disparaitre en quelques secondes dans la région)
Attention ! En arrivant à Cianzo depuis Santa Ana, après une magnifique et longue descente le long de formes d'érosion rouge, la 73 se divise en 2 pistes possibles pour rejoindre le mirador de l'Hornocal.
A gauche, après avoir passé un gué, on attaque une montée très brutale vers le mirador de l'Hornocal. En solo sur une moto légère, c'est bien sûr faisable, mais à deux sur un trail lourd et des pneus mixtes, à cause de la piste ravinée et des pierres de toutes tailles, ça a été l'enfer, genre 2 heures pour 8 km, avec poussettes dans les parties difficiles.
Pour être plus tranquille, même si cela rallonge de 25 km, on passera donc à droite, par le hameau de Aparzo.
San Salvador de Jujuy, Tucuman, Parc nacional de l'Aconquija
Distance : 850 KM
Difficulté : 2/5
160 km de pistes
On pourra faire étape avant la piste de l'Aconquija, à la Merced par exemple.
De San Salvador vers Tucuman, rien de bien notable, à part les camions.
On peut s'arrêter à Tucuman, ou pas. Pour ceux qui souhaitent y faire étape, plutôt chercher un hébergement à Yerba Buena, à l'ouest de la capitale, c'est plus tranquille et c'est là que sont les concessionnaires moto.
Pour éviter la capitale, 30 km avant celle-ci à Tipia, prendre à droite la RP 341 et descendre au sud par San Javier jusqu'à Lules. Ce sont 80 km de virages comme on les aime à travers de jolies montagnes.
Au sud de San Miguel, on peut faire étape à La Merced, avant d'attaquer les pistes vers l'Aconquija.
De la Merced, c'est désormais de la piste par la RP 124, la RP 9, la RP 18, et enfin la RP 48 vers Concepcion. Après des pluies, je pense que c'est quasi impraticable, un fichu bourbier !
Mais c'est magique, pour ceux qui aiment le vert, une énorme réserve de faune et de flore !
Juste avant le parc, une piste permet de rejoindre Belen (Catamarca), pour remonter par exemple vers Cafayate, ou descendre vers le centre sud argentin, mais c'est une autre histoire...
J'ai perdu toutes mes photos de ce petit trip vers l'Aconquija, snif ! Il ne me reste que celle-ci, au pied de la Sierra de l'Aconquija, de piètre qualité, qui trainait dans un de nos tél. Pas grave, on y retournera, c'est tellement beau !!!
De l'Aconquija à Tafi del valle et Aimaicha
Distance : 150 KM
Difficulté : 1/5
asphalte
De Concepcion en sortant du parc de l'Aconquija, on remonte un peu vers San Miguel de Tucuman avant de prendre à gauche la RP 307 vers Tafi del Valle et Aimaicha.
Cette route est un régal de pilotage, près de 1.300 virages, épingles et autres pif paf, si si !
Elle vous emmène dans un premier temps à travers les yungas, avant d'atteindre les pâturages verdoyants et humides de Tafi.
On peut s'arrêter, ou pas, à Tafi, c'est quand même assez usine à touristes !
Par contre, continuer de monter par l'infiernillo, avant de plonger vers la vallée d'Aimaicha est un nouveau bonheur. On se retrouve progressivement dans une zone aride emplie de gigantesques cactus candélabres, à n'y rien comprendre après la luxuriance de la montée !
Aimaicha est un village bien agréable pour une étape. En sortant pour rejoindre la RN 40, on pourra revenir vers le nord à Cafayate, ou filer au sud pour traverser la province de Catamarca, mais là aussi c'est une autre histoire !
Plantée !
Avant Salinas Grandes
Vers San Antonio de Los Cobres
Parc de los Cardones
Piste de l'Hornocal
Quebrada de las Flechas
Quebrada de las señoritas
Quebrada del Toro
Salinas Grandes
Laguna Blanca
San Antonio de Los Cobres
Cachi
Près de Cafayate
Cornisa de San Salvador à Salta
Termas de los Reyes
Avant la cuesta del Obispo
Quebrada de las Conchas
Quebrada de las Flechas
Quebrada de las Conchas
Vers San Antonio de Los Cobres
Près de La Quiaca
Près de la Quiaca
Tilcara
Près d'Uquia
Iruya
La 40 vers la Quiaca
Quebrada de las Conchas
Cuesta del Obispo
Au dessus de Cianzo
Le Cachi
Cianzo
Au dessus de Valle Colorado
Un col au dessus de Santa Ana
Partager cet article
COMMENTAIRES
Vous devez être connecté pour commenter.