Distance : 1 529 KM
Durée : 24 jours
Difficulté : 3/5
Beauté des paysages : 3/5
Je m'appelle Margaux et je viens du Sud-Ouest de la France. Je ne suis pas motarde à la base mais un projet un peu fou germait dans ma tête depuis quelques années: partir sur la Route de la Soie à moto et en solo. En 2021 je passais alors mon permis et achetais une Royal Enfield Himalayan pour réaliser ce grand voyage.
Un an plus tard je partais pour une aventure de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres... Aventure qui se prolonge d'ailleurs en 2024! To be continued...
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Après presque 2 mois de voyage en Turquie, il est temps de changer de pays et de rentrer en Géorgie. Doucement mais sûrement on se rapproche de l’Asie Centrale, objectif numéro 1 de ce périple sur la Route de la Soie.
1 panne
… toute bête
1 changement de pneu
Exit le pneu roue arrière, bonjour le 50/50… le pneu avant devra attendre que je le trouve!
J'ai payé 119 euros le Mitas E07 130/80-17 + montage à Tbilissi chez Huisky Park (en 2022)
2 chutes
dont une mémorable et avec style dans la gadoue au nord de la Géorgie
Séjour
24 jours sur place et 1500 km parcourus
Ushguli
Perdue au milieu des montagnes, une piste permet d’en prendre plein les yeux. Régal assuré pour les motards en quête d’off road et de paysages “waouh”.
Dormir près du lac Tabatskuri ou Paravani
La Géorgie, avec ses paysages verts et ses lacs, se prête très bien au camping alors autant en profiter et ralentir le rythme.
Tbilissi
C’est plutôt une ville agréable où se balader et se goinfrer de khinkali (sorte de raviolis, une spécialité géorgienne)
Visa
Pour les français il n’y a pas besoin de visa pendant 1 an.
Assurance
Il faut souscrire à une assurance pour son véhicule lorsque l’on rentre dans le pays. C’est obligatoire, que ce soit à la frontière même ou via internet. Il faut compter 10-20 euros pour 1 mois. Sur internet, le jour de mon entrée j'ai payé 12 euros (en 2022).
Climat
Le pays est assez montagneux, il faut donc être attentif à la météo qui peut changer du tout au tout très rapidement. Le froid et la neige arrivent également tôt dans la saison!
Circulation et dangers
La conduite est chaotique ici! Ça double, à gauche, à droite, sans cligno, ça frôle les valises… Il faut être ultra attentif à chaque instant d’autant que de nombreux animaux circulent librement sur les routes, y compris sur l’autoroute.
Attention également dans les tunnels, il y a souvent très peu voire pas de lumière et les vaches ADORENT s’y allonger à la sortie de virage.
Les routes sont souvent asphaltées mais en mauvais état, qu’il s’agisse de trous dus à la circulation ou de rectangle d’asphalte enlevé sur 3-7 cm d'épaisseur en vue d'une rénovation. Vous l’aurez compris en Géorgie il ne faut pas rouler vite car on ne sait jamais sur qui ou quoi on va tomber!
ETAPE 1 : DE HOPA (TURQUIE) > BATOUMI (GEORGIE)
Distance : 42 KM
Difficulté : 1/5
Route
Départ tôt le matin de Hopa après un dernier simit turc (petit pain en forme de donut recouvert de mélasse et graines de sésame, miam).
Il est temps de découvrir la Géorgie.
Je longe les derniers kilomètres de la mer Noire côté Turquie pour atteindre le poste de douane. C’est aussi le moment où mon GPS Garmin ne me sert plus à rien car je n’ai plus de fond de carte à partir de maintenant. Mon GPS me voit d’ailleurs à présent… dans la mer.
Le passage de frontière est une formalité. Côté turque, contrôle rapide de la moto et tampons sur la passeport. Côté géorgien on me demande si j’ai une assurance locale pour ma moto. C’est obligatoire dans le pays. J’y avais souscrit le matin même sur internet, 12 euro pour un mois. Il est possible de faire l’assurance à la frontière mais c’est un peu plus cher. Une fois le passeport et la moto vérifiés je peux passer. Je m'arrête rapidement pour échanger de l’argent en « lari » (GEL) et je reprends la route vers Batoumi. Pour l’instant pas de changement radical côté paysages. La seule différence vraiment notable pour le moment c’est qu’on a troqué les mosquées pour des églises orthodoxes.
La route vers Batoumi continue de longer, d’un côté la mer noire de l’autre des montagnes recouvertes de forêts. Le fond de l’air est chaud et humide. J’ai l’impression d'être quelque part dans un endroit tropical avec ces montagnes recouvertes de végétation luxuriante. La Géorgie a l’air très verte pour l’instant et à mon avis ce n’est pas pour rien…
Une fois arrivée à Batoumi je me rend à une guesthouse trouvée sur booking mais... impossible de la trouver même en ayant l’adresse. Un homme travaillant dans un magasin de meuble juste à côté m’aidera en appelant le numéro de la propriétaire.
Au bout de 30 minutes on a une réponse. J'étais bien au bon endroit mais aucun panneau ne l’indiquait car il s’agit vraiment d’une maison d'hôte familiale et c'est d'ailleurs souvent le cas en Géorgie. Ne vous attendez donc pas à trouver de panneaux ou de nom indiquant le logement selon les endroits.
Je suis alors accueillie par plusieurs générations de femmes, la grand-mère, la mère et la fille. Seule la fille (et un tout petit peu la mère) parle anglais. La grand-mère parle essentiellement géorgien et russe. Autant dire que je saute dans le grand bain en plongeant la tête la première et à grande vitesse dans le russe que j’ai commencé à "apprendre" avant le voyage. Neurones en surchauffe dans 3,2,1…
Je resterai plusieurs jours à Batoumi car le temps est au déluge TOUT LE TEMPS. Je me rapprocherai juste du centre et profiterai de quelques rares moments d’éclaircies pour visiter cette ville balnéaire. Il y a de nombreux touristes, essentiellement russophones. C’est aussi le moment de tester les fameux Khinkali, ces fameux gros « dumpling avec une queue ». Il est de coutume de les manger en les tenant par la queue. A l'intérieur, il y a une farce de viande et du bouillon. Seule la queue est laissée de côté vu que ce n’est que de la pâte donc très bourratif.
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ETAPE 2 : BATOUMI > KUTAISI (GEORGIE)
Distance : 185 KM
Difficulté : 1/5
Route
Je quitte le littoral pour m’enfoncer dans les terres direction Kutaisi. Avant même de quitter Batoumi, je découvre les routes à trous. Des rectangles d'asphalte plus ou moins longs et espacés ont été enlevés. Il faut alors slalomer pour éviter de se prendre un trou profond de 5-7cm parfois.
A la sortie de la ville ce n’est pas mieux… La route est en mauvais état, vieil asphalte à trou, terre battue et boue m’attendent. Je me frotte à présent vraiment à la circulation géorgienne. Ça double à gauche, à droite, sur les zébra, les voitures font de l’inter-file (oui...oui…), des queues de poisson et frôlent mes valises. Un vrai bonheur ! Je remarque alors une petite particularité. Ici les pare-chocs avant et arrière sont clipsables !! D’ailleurs les 3/4 des voitures ne les ont plus. Ont-ils été enlevés volontairement ou arrachés par la conduite locale? Mystère.
Après une pause repas improvisée je découvre les autres dangers de la conduite en Géorgie...les animaux. En pleine voie rapide, à 110 km/h donc, on trouve des vaches, oui des VACHES! Je découvrirai par la suite que sur les routes plus secondaires il y a en fait toute la basse cour…
La route n'a pas de difficulté en soit et reste assez droite. J'arriverai à Kutaisi en milieu d'après midi à cause des embouteillages conséquents au départ de Batoumi et après beaucoup de poussière sur des routes à trous. Je retrouve Rémy et Linda (2 français à moto rencontrés en Turquie) dans un café avant d'aller m'installer dans leur guesthouse sur les hauteurs de la ville.
Après les khinkali il est temps de tester une autre spécialité géorgienne avec le khachapuri, autre plat emblématique. C’est du pain recouvert de beurre fondu et farci de fromage. Une autre version est très connue pour sa forme ovale aux bords relevés. Ici aussi il est recouvert de beurre, fourré au fromage et avec un œuf dessus en plus. Bref vous l’aurez compris c’est bon mais …. tellement gras d’autant que le fromage géorgien est très salé en général. Autant dire qu’il faut avoir l'estomac gourmand!
Le lendemain, alors que mes 2 amis repartent vers le nord du pays, j'en profite pour visiter Kutaisi et ses environs. Je vais notamment voir les monastères de Ghélati et Motsameta en prenant des petites routes qui serpentent en grimpant doucement sur des collines recouvertes de forêts. Lorsque j’arrive dans le premier il n’y a personne mais j’entends une cloche ; 2 moines lisent la bible alors qu’un prêtre sonne une cloche puis psalmodie en balançant une espèce de sphère remplie d’encens. Comme dans les mosquées les femmes doivent se couvrir les cheveux en entrant dans les églises orthodoxes.
Je continue mes visites avec Motsameta. Une grosse partie de l’édifice est en travaux mais on aperçoit suffisamment les peintures murales pour voir à quel point c’est un très beau monastère. Ici aussi pas grand monde à la ronde. En fin de journée, je termine par la visite de Kutaisi, ses petites rues, son marché couvert ou encore sa cathédrale aux toits verts.
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ETAPE 3 : KUTAISI > MESTIA (GEORGIE)
Distance : 227 KM
Difficulté : 2/5
Route
A mon tour de prendre la route pour le nord du pays mais pour ne pas changer mes habitudes je ne choisis pas l’axe principal. Malgré les 150 km à faire pour aller jusqu'à Khaishi c'est plus de 3h15 qui m'attendront au bas mot.
Au-delà des dizaines de villages que je croise c'est surtout qu'il y a TOUTE la basse cour sur la route: vaches, cochons, canards, chèvres, chiens et autres chevaux. Il faut être attentif à chaque instant d’autant que les vaches ADORENT vraiment s’allonger en sortie de virage, là où on ne les voit qu’au dernier moment.
Je retrouve mes amis à 40 km au sud de Khaishi et on reprend aussi sec la route ensemble jusqu'à Mestia. On est de retour sur une route asphaltée à trou avec des endroits où la partie droite de la route a carrément été emportée par des éboulements... Il y a aussi des zones limite sableuses qui remplacent l'asphalte. On ne peut pas rouler à plus de 20-40 km maximum, debout sur la moto.
On arrivera vers 20h à nos guesthouses respectives. Moi je suis chez Adelina Guesthouse. C'est une dame assez âgée qui m'accueille tout sourire. Son fils m'aide à ouvrir le portail pour monter ma moto à la maison. C'est une allée d'herbe/terre assez pentue qui m'attends. Pour monter, pas de soucis, je prie juste que ça ne soit pas trop détrempé le jour où je devrais descendre sinon ça va être sympa... ou pas!
Je fais la connaissance d'Adelina donc, de son fils Giorgi (prononcé Guiorgui) et de leur voisin Vakho (prononcé Varo en roulant/aspirant le "r"). Il est le seul à parler anglais et me dit que c'est la meilleure guesthouse ici, alors tant mieux!
Il m'invite à venir boire une bière avec lui et Giorgi une fois que je serai installée et douchée. J'en apprendrai ainsi un peu plus sur la culture géorgienne et il me conseillera également plusieurs plats typiques de la Svanétie, la région de Mestia où on se trouve actuellement.
Le lendemain matin, la pluie est de retour. Après un petit déjeuner très copieux fait par Adelina (à coup de tomates, mayo, œuf, et patates sautées…) je sors me balader en ville. Le soir je teste 2 spécialités de Svanétie que m’avait recommandé Vakho. Il s’agit du Kubdari, un pain géorgien fourré à la viande et le chishdvari, une espèce de pain de maïs frit fourré au fromage, le tout couronné de vin blanc local. C’est bon mais la cuisine géorgienne est assez riche. Je n’arriverai pas à tout finir encore une fois...
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ETAPE 4 : MESTIA > USHGULI (GEORGIE)
Distance : 55 KM
Difficulté : 3/5
Route de montagnes, piste
Avant de partir le lendemain, je suis attirée par une bonne odeur de… pain chaud. Je découvre ainsi une petite boulangerie. Le “puri” (pain) est en train d’être fait. Il est en forme d’amande, assez long et plat. Le boulanger colle le pain à la paroi d’un four en terre cuite et il est ensuite récupéré à l’aide d’un crochet. Chacun son tour on attend que le pain soit cuit, quel délice!! On n'en fera qu’une bouchée!
Direction sud est. C’est une petite étape en termes de kilomètres qui nous attend aujourd’hui mais les 20 km d’off road terminant le chemin pour arriver à Ushguli risque d'être…glissants de boue vu les pluies des derniers jours.
Au début c’est assez simple, juste un chemin de terre avec des trous et des bosses puis arrive la gadoue. Linda et moi avons des pneus typés route, ça risque d'être drôle. Alors que je passe une grosse flaque de boue ma roue arrière chasse, je perd un peu l’équilibre et appuie malencontreusement sur la pièce fixée sur mon guidon permettant d'accélérer sans tenir la poignée d’accélération… Et oui, j’ai oublié de l’enlever avant d’attaquer la partie off road, grosse erreur… Dans mon déséquilibre j’accélère donc au lieu de ralentir. Résultat? Je ferais une chute artistique en tentant de grimper la butte sèche sur ma gauche. Ça va j’aurais pu me coucher à droite en plein dans la boue ! Pas de casse, pas de bobo. Je prends même la pause pour la photo!
Linda fera une chute un peu plus loin, une de ses valises ayant tapée un rocher. Ici aussi pas de casse, pas de bobo, c’est le principal. Alors que l’on voit un passage encore plus gras et glissant de boue Rémy se propose de passer nos 3 motos.
Malgré ces petites chutes, cette session off road est plutôt sympa. On roule lentement, secoués par les vibrations de la piste. Il faut aussi être ultra concentré car à notre droite le vide plonge vers la rivière à quelques centaines de mètres en contrebas sans barrière de sécurité. Il ne faudrait pas glisser et partir du mauvais côté…
Plus que quelques kilomètres et on commence à voir apparaître le village d'Ushguli.
Le chemin pour l’atteindre aura été parfois un peu sport mais ça en vaut la chandelle. Une fois les moto posées dans une guesthouse on part faire une petite balade pour découvrir les ruelles étroites et caillouteuses du village. On y voit les maisons parfois en ruine, les tours du château, les vaches, cochons et chevaux qui se baladent librement …
On est entouré de montagnes, le cadre est juste magnifique. On termine cette belle journée par un petit restaurant cosy avant de rentrer se coucher!
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ETAPE 5 : D’USHGULI > LAC SHAORI (GEORGIE)
Distance : 180 KM
Difficulté : 3/5
Piste, Route de montagnes, Route
Même si Ushguli est connu et apprécié pour ses randonnées nous ne resterons là-bas qu’une nuit car vu l’état de la piste on surveille de près la météo. Pour rappel, on est à 2100 m d’altitude. Autant redescendre tant que le temps est clément et sec car s’il se mettait à pleuvoir ce serait une vraie pataugeoire…
On continue la piste prise la veille pour dépasser le village. On se retrouve rapidement seuls mais à priori moins de boue nous attend. Nous sommes souvent à flanc de falaise. La piste est caillouteuse et il faut rester vigilant aux ornières parfois profondes. Nous mettrons pas loin de 2h pour parcourir 25 km d’autant que nos pneus ne sont pas vraiment adaptés. Nous croisons 3-4 véhicules en tout et pour tout et il n’y a aucun réseau donc on joue la prudence… et puis c’est tellement beau que l’on s’arrête pour admirer! Une fois la piste passée on retrouve l’asphalte… et les vaches!
On s’arrêtera à Lentekhi pour la nuit. Nous n’avons roulé que 72,6 km au total dans la journée mais en Géorgie les petites distances ne sont pas synonymes de petites étapes en termes de temps. Entre la conduite des géorgiens, les trous dans les routes, la boue par moment et les animaux sur la route ça peut prendre beaucoup de temps pour parcourir quelques malheureux kilomètres.
Le lendemain, il faut reprendre la route et descendre un peu plus au sud. Nos motos ayant été "repeintes" à la boue (surtout la mienne...) une petite session nettoyage n'est pas de trop! Une fois comme neuve, on parcourt les 72 km nous séparant d'Ambrolauri.
En quittant les hauteurs nous avons aussi retrouvé la chaleur de juillet et la route nous parait difficile. On sue dans nos équipements de moto et après une pause à l'ombre nous terminons de parcourir les derniers kilomètres. On refait le plein de nourriture et je fonce trouver une boulangerie. Le temps que le pain finisse de cuire je papote comme je peux avec les 2 boulangers, entre mots de géorgiens et rudiments de russe. Au final ils m'offriront avec plaisir le pain chaud qui sort du four... pain que l'on s'empressera de manger en entier avec Rémy et Linda. C' était tellement bon, impossible de résister!!
Un festival de musique a lieu ces jours-ci dans les environs alors tous les logements sont complets.
Plan B: on reprend les motos pour 20 km et nous voilà arrivés au lac Shaori. Après quelques centaines de mètres au milieu d’ornières profondes de 30-40 cm, à la queue leu leu avec des voitures, on trouve un endroit pour se poser au calme. On monte rapidement le campement avant la nuit et alors que le soleil va bientôt se coucher un énorme nuage descend rapidement sur le lac. Annonce-t-il de la pluie?
Finalement ce sera juste une brume froide et humide qui s’installera pour la soirée.
Un petit tour dans l’eau pour se laver (sous le regard surpris de 2 policiers dans leur voiture), un petit feu de bois, un repas rapide et rideau dans un cadre de rêve!
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ETAPE 6 : LAC SHAORI > AKHALTSIKHE (GEORGIE)
Distance : 215 KM
Difficulté : 2/5
Piste, Route
Aujourd’hui je reprends la route en solo pour aller dans le sud du pays. Rémy et Linda préfèrent rester une nuit de plus au lac. On se retrouvera bientôt mais en attendant je remballe mes affaires sous un soleil de plomb et je remonte sur ma moto. Une fois les ornières passées, c’est de la vraie route que je retrouve.
Au début ça grimpe jusqu’à arriver dans les nuages mais encore une fois il s’agit plutôt d’une brume accrochée aux sommets que des nuages de pluie, tant mieux je vais pouvoir rester au sec!
Au détour d’un village une odeur très alléchante m’attire… une boulangerie, encore... Ce sera parfait pour mon pique nique improvisé en bord de route avec pour seul compagnon une vache qui broute pas loin.
Le reste de la journée sera long et fastidieux à cause de la chaleur et de la circulation. La route que j’emprunte un bon moment est la route principale allant à Tbilissi autant dire qu’il y a beaucoup de camions et de voitures… ce sera plusieurs heures d’embouteillages sans possibilité de doubler, des queue de poisson, des voitures qui me collent au c**, me frôlent les valises et doublent par la droite avec la volonté de s’imposer quoi qu'il en coûte pour moi. Les Géorgiens conduisent vraiment mal et lorsqu’on est motard ici on serre des fesses à chaque instant… c’est au bout de mes forces et avec un bon mal de dos que j’arriverai à Akhaltsikhe.
Après une nuit de repos je m’accorde une pause d’un jour pour visiter la ville. Dans les incontournables d’Akhaltkasikhe il y a le château Rabati, datant du IXe siècle. Au-delà des remparts on trouve le château en lui-même mais aussi une chapelle et même une mosquée. Les lieux ont été superbement rénovés et la vue depuis les tours du château est juste incroyable. Les ruelles tout autour sont elles aussi bourrées de charme, un joli endroit pour s’arrêter un peu.
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ETAPE 7 : AKHALTSIKHE > VARDZIA (GEORGIE)
Distance : 110 KM
Difficulté : 2/5
Route, Route de montagne
Il est temps de reprendre la route en direction de l’est après un petit arrêt au monastère de Sapara. Il est planté en haut d’une colline, perdu dans la végétation. A l’intérieur de jolies peintures décorent les murs.
La route menant à Vardzia me paraîtra interminable mais après une petite pause à la guesthouse où je m’arrête ce soir je décide de visiter le site le jour-même profitant d’une légère baisse de température en fin d’après-midi.
Vardzia est une ville troglodyte magnifique, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elle date du 10e-11e siècle et fut une vraie métropole avec une population allant jusqu’à 50 000 personnes. C’était un grand centre monastique. L’église de l’assomption et ses incroyables peintures murales se trouvent d’ailleurs en plein centre du site. Des moines sont revenus vivre dans une partie de la ville après qu’elle fut abandonnée pendant des années. Des zones non accessibles aux touristes leur sont d'ailleurs réservés.
C'est vraiment un très beau site à visiter!
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ETAPE 8 : VARDZIA > LAC TABATSKURI (GEORGIE)
Distance : 173 KM
Difficulté : 4/5
Route, piste
Après une nuit des plus reposantes malgré la vétusté des lieux de ma guesthouse (pour dire, je n’ai pas osé dormir directement sous les draps, j’ai sorti mon drap de soie…) je suis remontée à bloc!
Je reprends la route direction Khertvisi pour visiter la forteresse que je n’avais pas eu le courage de faire la veille au soir. J’y suis à l’ouverture et à part une femme et son fils il n’y a personne.
Cette forteresse date du 10e-11e siècle et la légende voudrait que Khertvisi ait été détruit une fois par Alexandre le grand avant d’être reconstruite et détruite par plusieurs attaques au cours des siècles. Elle domine les environs et la vue en haut d’une tour est vraiment pas mal!
Après un stop à Akhalkalaki pour faire des emplettes je reprend la route pour aller voir plusieurs lacs. Le premier est celui de Saghamo puis vient celui de Paravani où je m'arrêterai pour un petit stop pique nique improvisé avec vue sur l'eau, brassée par les rafales de vent. Mon sandwich avalé je laisse alors la route asphaltée pour attaquer un chemin de terre caillouteux…
Avec mes quelques mots de russe je demande à un fermier du coin s’il est bien possible de passer par le chemin repéré sur google pour rejoindre Akhalkalaki et me renseigne sur l’état du chemin. Il me dit que c’est bon et que ça ne devrait pas poser de problèmes avec la moto… enfin c’est ce que je crois comprendre alors let’s go!
Je dis adieu au réseau. Je suis seulement aidée par Google maps, maps.me tous deux hors ligne et ma carte routière, perdue dans les montagnes à 2000 m d’altitude. Après avoir traversé le village et ses tranchées de boue, la piste se résume à 2 traces de pneu dans une verdure à perte de vue. Google semble confirmer que je suis sur la bonne « route ».
A part 2 énormes troupeaux de moutons et … plusieurs chiens de bergers accourant toutes dents dehors pour me choper les mollets je ne croiserai personne pendant plusieurs heures.
Je me retrouve à un moment donné dans un chemin rempli de pierres saillantes. Pas sûr que ce soit vraiment une piste roulante. On dirait plutôt un chemin de rando mais je n’ai pas d’autre alternative et je suis déjà trop engagée. Je vois le village à 300m à peine en bas et la fin de ce pierrier de l’enfer…. Ce sera les 10 mins les plus longues de ma journée mais impossible de faire demi tour. Je suis emmanchée sur une pente douce recouverte d’énormes caillasses qui tapent ça et là mon sabot moteur malgré ma prudence et faible vitesse. Désolé Bala…
En bas de ce pierrier je peux enfin poser la moto et vérifier s'il y a des dégâts. Tout semble ok. Je retrouve alors un village et un semblant de piste de terre battue.
Un peu plus loin, du haut d’un monticule, on me fait des grands signes pour que je m’arrête. Je suis accueillie par une grande famille arménienne.
Seul le fils d’une dizaine d'années parle un peu anglais. Le père et les oncles m’invitent à m’asseoir et me servent aussi sec un verre de vin sous un flot de questions, en russe évidemment. Je leur dis que je conduis une moto donc je ne peux pas boire. Ils insistent « tchout tchout » (un petit peu). Je tremperai à peine les lèvres que déjà le verre est remplacé par un shot de rhum blanc et une assiette de nourriture.
Malgré mes protestations les « tchout tchout » ne me laisse guère le choix même si j’ai déjà le ventre plein. On trinquera par 2 fois mais alors que tous les hommes semblent alors avoir déjà pas mal de verres d’avances sur moi je ferais honneur juste en trempant le bout des lèvres sous le regard intrigué et curieux des femmes. Pas question de conduire alcoolisée et encore moins sur piste off road en Géorgie!
Après un joli moment ensemble je dois les quitter. En partant, une grand-mère me serre fort dans ses bras comme elle l’aurait fait avec sa propre petite fille. Je sens de la fierté et une grande bienveillance dans le regard de cette femme. Son émotion est contagieuse et je me sens émue de tant d’amour envers moi de la part de cette famille que j’ai a peine eu le temps de découvrir.
A 7 km de là, à Akhalkalali je retrouve enfin une route asphaltée… certes à trous mais une route quand même, bonheur! J'y retrouverai Rémy et Linda avant de continuer ensemble vers le nord.
Cette journée se terminera par… encore un peu de piste et une chute au ralenti sur une pente, emportée par le poids de mes bagages. Malgré ma faible vitesse, ma roue n'accrochait pas le sol mi argile mi sable qui se désagrégeait en poussière au moindre contact. Pas de bobo ni pour la moto, tombée au ralenti du côté droit, ni pour moi.
On s’installe pour camper au lac Tabatskuri où nous rejoignent Alex et Ben, 2 français que Rémy avait rencontré il y a plusieurs mois à Chartres.
Après une petite "douche" dans le lac, il est temps d’attaquer le repas du soir et de se coucher. La journée a été longue!!!
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ETAPE 9 : LAC TABATSKURI > TBILISSI (GEORGIE)
Distance : 138 KM
Difficulté : 2/5
Piste, Route
On reprend la piste de la veille. Rémy se propose de monter les 3 motos vu que la piste argileuse n'est pas si simple qu'il y parait à remonter en slalomant au milieu d’ornières. Il passe sa moto après 2 chutes, celle de Linda après 1 chute et … la mienne y échappera cette fois-ci.
La journée commence bien. Rémy s’est un peu esquinté l’épaule déjà blessée par le passé mais pas de gros bobo ou casse en vue malgré les chutes.
On est sortis de ces ornières de la mort! Il ne reste plus qu’à retrouver la route…Enfin c’est sans compter sur ma moto qui a un souci. Elle n’avance plus et semble ne plus vraiment avoir de point de patinage. Oh, oh. Étant perdus en pleine campagne, on doit continuer tant bien que mal vers la prochaine «ville » afin d’essayer de trouver un mécanicien...
Je réussis à sortir de la piste. Après 26 km, sur une route asphaltée en train de monter un micro faux plat ma moto décide de ne plus avancer DU TOUT. Rémy et Linda sont passés de l’autre côté de la montée et ne me voient plus. La pluie tombe d’un coup d’un seul en mode déluge tropical. Au milieu de nulle part, sous la pluie, seule. Ça ne pouvait pas en être autrement de toute façon, dans ce genre de cas, les éléments s’acharnent sinon ce n'est pas drôle...
Après avoir réussi à contacter mes amis par téléphone, ils reviennent m’aider. Linda cherche un hôtel et une dépanneuse. Rémy et moi on essaie de comprendre ce qu’il se passe. En vain…
Une camionnette finit par passer 20 minutes plus tard alors que l’on est trempés intégralement. Au volant Xaco (Raco) me propose de m’amener au garage du coin. On enlève les bagages et on monte la moto à 4 dans la camionnette. Je pars avec Xaco alors que mes amis suivent avec leurs motos. Arrivés au garage on découvre qu’ils ne s’occupent que des voitures…La seule solution est de rapatrier la moto à Tbilissi, seul endroit où je pourrais faire réparer ma moto et commander des pièces si nécessaire…
Xaco se propose de m’y amener tout de suite. Après négociation d’un tarif on fait le plein d’essence, il achète à boire et à manger et c’est parti pour 3h de route. Rémy et Linda suivent mais seront vite largués. Xaco est arménien. Il vit ici depuis qu’il est né, ceci dit il a bien adopté la conduite locale, si vous voyez ce que je veux dire…
Je passerai 3h en sa compagnie à essayer de discuter avec mon pauvre russe. Il partagera son repas avec moi, un lavash (pain arménien qui ressemble à une énorme crêpe) avec du fromage salé et du saucisson local.
On arrivera à Tbilissi vers 20h30-21h et avec l’aide du fils de la guesthouse on descend la moto et bagages à 3. Il repartira aussi sec pour Akhalkalaki retrouver sa femme et ses enfants. Mes amis arriveront 1h plus tard et après cette très longue journée on ne fait pas long feu. Quant à la moto … et bien on verra demain!
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ETAPE 10 : TBILISSI > MTSKHETA (GEORGIE)
Distance : 50 KM
Difficulté : 1/5
Route
Le lendemain, Linda, le père de la guesthouse et moi poussons la moto jusqu’au garage situé à quelques centaines de mètres. Le mécano ne parle pas anglais, un peu russe mais surtout géorgien. J’essaie de lui expliquer le problème à base de signes, mime et de « kaput ». A peine il touche le levier d’embrayage qu’il semble avoir compris. 2 minutes plus tard, il a réparé le problème. Il ne s’agissait en fait que du réglage de l’écrou du câble d’embrayage qui était trop serré et qui faisait que l’embrayage était tout le temps en prise. Si c'est pas une panne toute bête ça?!
Comment ça s’est déréglé tout seul? Ma théorie est qu’avec la chute de la veille une pierre aurait tapé par malchance sur l’écrou du câble d’embrayage le resserrant du fait du poids de la moto et gravité. Je ne vois que ça vu la soudaineté de cette panne et la concordance avec la chute côté droit (côté réglages du fameux câble…). Sympa le dépannage de 200 km pour un écrou... leçon retenue! ^^'
Quoiqu’il en soit ma moto est réparée et je suis soulagée car si ça avait été plus grave ça aurait mis un gros coup de frein à mon passage prochain vers la Russie.
Quitte à être lancé sur le sujet moto on part faire changer nos pneus arrières à Husky Park. Je remplace mon pneu Michelin Anakee street (80% route-20% off road) par un Mitas E-07 (50% route - 50% off road). Vu le périple qui m’attends encore, ça ne sera pas de trop et ça évitera les glissades et autres montées de collines inattendues. Pour le pneu avant, il faudra malheureusement patienter car impossible de trouver un pneu adapté pour le moment.
Maintenant place aux visites !
Nos motos sont prêtes alors on quitte temporairement Tbilissi pour aller visiter Mtskheta.
Il s’agit d’une des plus vieilles villes de Géorgie et anciennement sa capitale. La ville a plein de charme avec ses vieilles rues et ses bâtisses d’époque. On est à à peine à 20 km de Tbilissi et pourtant on y est au calme en bord de rivière. Parfait pour se reposer quelques jours!
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ETAPE 11 : MTSKHETA > TBILISSI (GEORGIE)
Distance : 65 KM
Difficulté : 1/5
Route
Il est temps de retourner à Tbilissi. On y passera les derniers jours de notre séjour géorgien en attendant que nos passeports et visas russes envoyés il y a 2 semaines à Paris nous reviennent.
J’en profite pour faire ma vidange, faire nettoyer mon filtre à air vu que je n’en ai pas de rechange avec moi, nettoyer la durite du trop plein d’essence qui semblait bouchée, faire équilibrer mon pneu arrière, nettoyer et graisser la chaîne… bref on remet la moto en état, on achète les éléments qui manquent en prévision de la suite et on ralentit le rythme.
C’est l’occasion de visiter Tbilissi qui a beaucoup de charme. Par contre il faut savoir que:
1/ c’est loin d’être plat
2/ il y a des ruelles de pavés un peu partout =>attention avec la moto
3/ les adresses sur Google mènent souvent à … rien! Les restos n’existent souvent pas ou alors pas à l’adresse indiquée. Je crois que Google n'aime pas trop l'écriture cyrillique!
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ETAPE 12 : TBILISSI > STEPANTSMINDA (KAZBEGI) (GEORGIE)
Distance : 191 KM
Difficulté : 2/5
Route, route de montagne
Les motos sont prêtes, les passeports et visa russes en poche. On quitte Tbilissi direction la “military highway” qui relie la Géorgie à la Russie.
En chemin on s’arrête à Ananuri pour se dégourdir les pattes et regarder la belle église qui surplombe un réservoir, le tout entouré de montagnes. Magnifique! Par contre sur le parking il faut être vigilant. Ici, si on prend la mauvaise voie, on se tape de jolis petits picots prêts à faire des trous dans les pneus… on est prévenus!
Notre dernière étape géorgienne est Kazbegi. Nous sommes dans les montagnes à 1750 m d’altitude. L’air est beaucoup plus frais ici et les paysages de montagnes sont très beaux. Le seul bémol c’est la route principale et son flot de camions qui partent à toute vitesse vers la frontière.
On profite de notre dernière soirée géorgienne et on prépare nos affaires. Demain on se lève très tôt pour passer en Russie!
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Batoumi
Batoumi
Batoumi
Batoumi
Batoumi
Batoumi - Générations de femmes géorgiennes et touriste russe
Kutaisi&environs
Kutaisi&environs
Kutaisi&environs
Kutaisi&environs
Kutaisi&environs
Kutaisi&environs
Kutaisi
Kutaisi
Kutaisi
Kutaisi
Kutaisi
Mestia
Mestia
Mestia
Mestia
Mestia
Mestia
Saison off road vers Ushguli
Saison off road vers Ushguli
Saison off road vers Ushguli
Saison off road vers Ushguli
Saison off road vers Ushguli
Saison off road vers Ushguli
Saison off road vers Ushguli
Saison off road vers Ushguli
Direction Lentheki
Direction Lentheki
Direction Lentheki
Four à "puri"
Petit déjeuner géorgien
Rencontre avec les boulangers
Lac Shaori
Lac Shaori
Akhaltsikhe
Akhaltsikhe
Akhaltsikhe
Akhaltsikhe
Akhaltsikhe
Akhaltsikhe
Akhaltsikhe
Akhaltsikhe
Vardzia
Vardzia
Vardzia
Vardzia
Vardzia
Vardzia
Khertvisi
Khertvisi
Lac Tabatskuri
Réunion de motards français au lac Tabatskuri
Dans l'arrière pays géorgien
Dans l'arrière pays géorgien
Dans l'arrière pays géorgien
Mtskheta
Mtskheta
Mtskheta
Chacha - alcool géorgien local
Tbilissi
Tbilissi
Tbilissi
Tbilissi
Tbilissi
Direction la Russie!
Direction la Russie!
Direction la Russie!
Kazbegi/Stephantminsda
Kazbegi/Stephantminsda
Kazbegi/Stephantminsda
Après presque 2 mois en Turquie ça y est, il est temps d'ouvrir un nouveau chapitre, en Géorgie cette fois-ci. Cela promet un changement assez radical que ce soit en terme de paysages, de culture, de religion ou... de circulation!
On quitte Mestia pour aller faire 2 jours de Off road, direction le village d'Ushguli. La seule inconnue? L'état de la piste après les derniers jours de fortes pluies...
Me revoilà en solo pour quelques jours. Il est temps de découvrir le sud du pays et sa culture!
Je quitte le lac Tabatskuri en compagnie de Linda et Rémy direction Tbilissi... mais tout ne va pas se passer comme prévu!
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