Ma première expérience sur un deux-roues motorisé était sur le Caddy 49,9 de ma sœur dans un camping à l’âge de 11 ans en bord de Loire.
Ensuite, énorme prise de risque en écoutant un poteau de vacances d’à peine 19 ans, fatigué par les bières consommées lors d’un barbecue au bout du lac d’Annecy. Il a demandé qui voulait bien lui ramener sa moto de l’autre bout du camping. La veille il m’avait emmené faire un tour et j’avais essayé le monstre dans les allées.
Passage de vitesses difficile, poignée d’embrayage à se fouler le poignet, et deux chutes à basse vitesse sur le gazon des emplacements de toiles de tentes.
Et évidemment j’ai sauté sur l’occasion et j’ai couru lui rapporter sa belle Four d'un bleu métallisé.
C’était totalement inconscient, car j’avais à peine 14 ans, mais grisé par le son du 4 cylindres, j’ai fait un bout de chemin hors du camping sur la route bordant le lac en direction de Talloires.
Sur les 5 km effectués, j’ai calé un grand nombre de fois, failli tomber à plusieurs reprises et je transpirais autant par la montée d’adrénaline que par la crainte de faire une grosse connerie car évidemment je savais que je la faisais, la grosse connerie.
J’ai réussi à rejoindre le camping tant bien que mal, casque trop grand sur ma tête d’ado et sans avoir croisé la marée chaussée !
Je me souviens avoir eu la banane un bon moment, en me jurant que plus tard je serai motard !
À mes 15 ans, en seconde année d’apprentissage, je me suis offert ma première petite moto (aidé un peu par mes parents, il est vrai).
C’était une Peugeot SX5 marron. Mini roadster 49,9 cc, boite 5 vitesses, pédale de frein au pied gauche et sélecteur au pied droit.
Je l’ai gardée jusqu’à mon service militaire à mes 18 ans passés.
Je n’avais ni le temps ni les moyens de passer mon permis et j'espérais le passer sous les drapeaux. Ça n’a pas eu lieu.
En rentrant, et pour des raisons de commodité je passais alors mon permis voiture et allait à mon travail encore chaque matin avec ma 49,9 alors que je m’approchais de mes 20 ans.
Mais un matin d’hiver, un inconscient a cru bon d’anticiper son tourne-à-gauche avec sa caisse maudite et je me suis encastré contre elle en faisant un vol plané. 17 fractures, 4 mois d’hosto et 9 mois de centre de rééducation pour un handicap à vie avec taux d’invalidité de 48%.
La moto est passée aux oubliettes durant 28 ans.
Je suis remonté sur un scooter à l’essai puis me suis vite décidé à en acheter un car j’en avais marre des bouchons, du stationnement, des retards, des PV, etc.
Alors que je visitais une clientèle éparpillée aux 4 coins de mon agglomération, je commençais à organiser quelques sorties avec mes potes d’enfance, eux à moto et moi, en scooter.
15 ans plus tard j’achetais une Varadéro 125 à carbu, magnifique et d’à peine 17000 km.
À cet instant, tous mes potes et relations me disaient que je pouvais désormais passer le permis. Il en était hors de question car le permis est difficile à passer, surtout avec le plateau, que j’ai bientôt 60 ans, que je suis handicapé, qu’une bécane ca coûte et qu’il faut l’entretenir, la stationner, etc…
Vous le croirez ou non, mais en trois semaines de balade avec ma petite Honda, il s’est déclenché en moi la furieuse envie de passer au A2. Ce fut chose faite le jour de mes 60 ans.
Achat d’une Honda CB500X qui m’a accompagné sur 29 000 km en 23 mois (Auvergne, Bretagne, RGA seul, Transpyrénéenne et des centaines de sorties locales).
Commande de la Transalp 2023 avant la passerelle, que j’ai obtenue rapidement, et équipement de la belle.
Rodage, road trip entre amis en Auvergne, 4700 km en 12 semaines, et départ pour une RGA personnalisée (septembre 2023).
Depuis près de trois ans maintenant j’organise des balades à la journée, au weekend ou en road trip de plusieurs semaines et ce au moins tous les 10 jours en moyenne, hiver compris.
La moto est devenue ma passion numéro 1 et 50% de mon temps d’éveil lui est consacré.
Je visionne tout ce que je peux. Toutes les chaines moto. Tous les essais et comparatifs, tous les beaux road trips des motards sur Youtube.
Je suis présent au salon de Lyon tous les ans, je rencontre nos stars journalistes du net (je ne vais pas tous les citer, car vous les connaissez).
Mais je vais quand même citer Lolo Cochet, Dominique Pelletier de Le Nez dans le Moteur, Régis Lévêque, Super Bourrin, Antoine Duval, Mélusine Mallender, Oli le Belge, Greg de Les Apprentis Voyageurs, Tom Barrer, 52 Degrés Sud, l’Equipée, Megan Kaptein et Elise Lola, pour ne citer qu’eux.
Ce sont tous ces gens, en plus de mes poteaux qui m'ont amené à cette passion qui germait en mois depuis mon enfance.
Qu’ils soient ici tous remerciés !
Je t’emmène dans la région où l'on est sûr à 100% de n'emprunter que des courbes, sans vraiment de lacets, où les paysages ravissent (normalement) n'importe quel être humain !
Le but étant de réaliser une boucle chaque jour depuis un hébergement fixe.
Comme il s'agit de l'Auvergne et plus précisément la région du Sancy, ce sera un point central à peu près équidistant pour chaque motard résidant en France.
Je conseille donc de trouver un hébergement pour 1 semaine dans la région de Besse ou St Nectaire (le choix est vaste).
C'est parce que j'ai toujours préféré la douceur sauvage du Massif Central à l'extravagance des autres massifs français (que j'adore tout autant) et parce que j'y suis allé souvent en voiture et maintenant 3 fois en deux ans à moto, que je classe cette région comme prioritaire pour se régaler l’âme, le cœur et les mirettes.
La région étant très touristique, l'offre en hébergement est conséquente en gites, maisons d'hôtes, hôtels, campings ou résidences.
En juin et septembre on peut négocier ou se voir offrir une remise.
L'Auvergne n'échappe pas aux caprices.
Comme dans tous les massifs montagneux, la météo peut être hâtivement changeante même si les grands froids sont rares à la belle saison.
Mais à moto et surtout en montagne, on doit tout prévoir. Le chaud, le froid et la pluie.
Sur 5 séjours là-bas j'ai eu 4 fois du beau temps (juin, juillet et septembre).
Stations-service au moins tous les 30 km et même moins.
Le site troglodyte de Jonas entre St Nectaire et Besse. (Route non numérotée mais signalisation correcte)
Une visite unique en France et surprenante, théâtralisée en saison, et furieusement instructive pour plonger dans l'histoire des croisades !
7 € pour les adultes.
Les gorges de Courgoul et les petits ponts de pierres entre Champeix et Besse à la sortie de Saurier (D26).
Un havre de fraicheur lors des chauds étés où l'on se surprend à moto à rider à moins de 40 km/h tellement les lieux se prêtent à la flânerie.
Ascension du Puy Mary depuis Besse, via la Godivelle et Murat, entre autres, et prendre la D317 à St Jaques des Blats et continuer par Mandailles-Saint-Julien (D17). On peut la louper car très cachée à son début.
Des centaines de courbes dans une nature très sauvegardée.
Le ravissement des gorges de la Sioule au nord de la chaîne des Puys.
Ne pas manquer les méandres de la rivière éponyme dont celui mythique de Queuille. La balade se termine en apothéose sur les roches de Sanadoire et Tuillière au lac de Guéry, avant de rentrer à Besse par le Mont-Dore et le col de la Croix Morand ou de la Croix Saint-Robert.
L'état des routes est généralement parfait en Auvergne, il n'y pas d'animaux domestiques sur les routes sauf exception.
Par contre on verra un grand nombre de bovins de belles races, des chevaux de belle allure, tous derrière les clôtures.
La faune volatile est somptueuse. buses, milans, vautours, grands-ducs, aigrettes, canards et autres bécasses peuplent les monts volcaniques.
Beaucoup de sinuosités sans visibilité.
La table auvergnate, sans être fine ni vraiment délicate, n'en est pas moins savoureuse et surtout généreuse.
Il n'est pas rare de se voir proposer du "rab" de ci ou de ça dès que votre assiette donne des signes de légèreté.
L’auvergnat est très agréable, sympa et généreux, c'est une évidence.
Les prix aussi savent rester sages ! Ne passez pas un séjour ici sans visiter une ferme fromagère, et ne repartez pas les mains vides.
Les vins sont un peu capricieux mais certains sont bons. Essayez les côtes d'Auvergne avec un bon aligot ou une truffade !
Si vous êtes grand buveur d'eau, attention, contrairement aux fontaines alpines ou pyrénéennes, la quasi totalité de celles d'Auvergne ne sont PAS potables.
Boucle Besse/Besse via les gorges de la Sioule
Distance : 299 KM
Difficulté : 2/5
Routes
On quitte Besse par le nord en longeant l'imposant Puy de Dôme.
Passage par Pontgibaud et la Goutelle avant d'attaquer l'admirable circuit des gorges de la Sioule.
D121 puis D19, passage du pont-barrage, on remonte vers Queuille via Saint-Georges-de-Mons et contemplation obligatoire au méandre de Queuille.
Les très sinueuses routes contournent la retenue de Fades-Besseyre et se prolongent tout le long de la Sioule qui a creusé la roche rougeâtre.
On rejoint St Gal/Sioule et on redescend les gorges par la D915 puis la D109, on passe Châteauneuf-les-Bains puis la D987 et D62 pour repasser St Jacques des Blats.
Cette fois, on clôture le spectacle de la journée par Orcival pour gagner l'une des plus belles cartes postales du centre de notre admirable pays, juste avant le lac de Guéry, en stoppant sur le parking pour admirer la roche de Sanadoire à droite et la roche Tuillière à gauche.
C'est au soleil couchant qu'elles offrent leur plus expressive beauté !
Et enfin, Le Mont-Dore et Besse via l'un des 2 cols.
télécharger la trace gps
Le couchant sur les roches de Sanadoire (lac de Guéry)
Retenue de Fades dans les gorges de la Sioule
Mères protectrices
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