Distance : 2 203 KM
Durée : 9 jours
Difficulté : 2/5
Beauté des paysages : 4/5
Budget : 900€
Mes débuts à moto commencent un peu après mes 20 ans avec un 600 XT plutôt mal en point qui sera remplacé par une magnifique 750 Super Ténéré avec laquelle débuteront les voyages à moto, essentiellement en duo, en Italie, en Espagne et bien sûr en France. Une splendide (et énorme) 1200 Trophy prendra sa suite pour poursuivre nos voyages sur les routes d'Europe, dont une belle boucle France-Bénélux pendant 3 semaines.
À ce moment-là nous étions déjà 3 sur la moto… Mon ainée a en effet pointé le bout de son nez quelques mois plus tard :-)
La moto est quelque peu passée au second plan pendant que la famille s’étoffait, avec quand même un 650 DR qui aura fait les premiers souvenirs de motard de mes enfants. Et quelques années plus tard, le virus m’a fortement repris, d’abord avec un 800 Tiger XC qui laissera la place à une superbe Tiger 900 Rally Pro. Les balades en solo et en duo ont repris, et les voyages aussi !
Mais ma vie de motard ne serait pas complète sans évoquer un extraordinaire périple en l’an 2000, en duo sur une 125, sur l’île de Lombok en Indonésie. 2 jours à se perdre dans les pistes du sud-ouest de cette île magnifique, à découvrir des plages paradisiaques cachées derrière des collines verdoyantes. Nous ne savions pas où nous partions, ni par où nous allions passer mais nous n’avons pas douté une seule fois que ce serait mémorable. C’est encore aujourd’hui mon plus beau road trip !
Et la suite ? Je rêve de me lancer sur un long périple. Pas obligatoirement long en kilomètres, même si beaucoup de pays et de continents m’attirent beaucoup. Non, long en temps. Un voyage sans se presser, où on décide au jour le jour de goûter encore l’endroit où on a atterri ou bien de reprendre la route parce que la curiosité de ce qu’il y a après nous appelle.
Les Pyrénées sont un repère pour moi. Quand j’approche de chez moi, ce sont elles que je vois en premier et qui me disent que j'arrive bientôt à la maison.
Depuis Toulouse, d’un saut de puce, les occasions sont nombreuses d’aller prendre l’air là-haut : En hiver, dévaler ses pentes à ski ou chausser les raquettes. Le reste de l’année parcourir ses chemins à pied ou à vélo, se baigner dans ses torrents et ses lacs bien frais, grimper sur ses parois, et bien sûr parcourir les routes de ses cols à moto. Et au mois de juillet, les Pyrénées sont un havre de fraîcheur quand la chaleur écrase la plaine de la Garonne.
Je voulais aussi me faire une idée des traces proposées par l’Adventure Country Tracks ou ACT. Contre une modeste adhésion, il est possible de télécharger un des itinéraires proposés, dont celui traversant les Pyrénées d’est en ouest.
Avec mon épouse, nous avions traversé les Pyrénées dans l’autre sens il y a quelques années, en alternant entre la France et l’Espagne et en ne prenant que très peu de pistes. L’idée me plaisait de refaire cette traversée dans l’autre sens avec d’avantage de pistes et en restant quasiment tout le temps côté espagnol, ce que propose l’ACT.
Un peu de tout, comme souvent : Camping, petits hôtels, famille (pas de bivouac, ni de copains cette fois-ci)
Pareil, un peu de tout : Pique-niques le midi, un peu de popote le soir, des restos et des tables accueillantes auprès de la famille.
En variant les plaisirs, le budget hébergement atteint 270 € et le budget repas 370 € (on a bien mangé et bien bu ;-). En ajoutant 200 € de carburant et les bricoles, on arrive à environ 900 € pour 9 jours
Ma balade se déroulant en juillet, je n’étais pas très inquiet pour la météo. J’ai donc eu bien chaud par moment et j’ai été content aussi d’avoir pris une petite laine, un bon duvet et la tenue de pluie (surtout pour le pays basque !)
C’est la même qui m’amène au boulot tous les jours ou presque, qui nous amènent dans nos virées en duo et avec laquelle je fais mes quelques escapades dans les chemins : Une Triumph 900 Tiger RP
Quelques sites à découvrir :
- Le château de Requesens
- L' Abbaye Saint-Cyr de Colera situé près de Rabós
- Le cap de Creus, pointe orientale des Pyrénées et la maison de Salvador Dali à Portlligat.
- Guils-Fontanera
- La gare internationale de Canfranc-Estación
- Las Peñas de Riglos : Foz de Escalete, Mirador de los buitres, castillo de Marcuello, castillo de Loarre, Riglos, Murillo de Gàllego, Agüero et ses Mallos, la iglesia de Santiago, le barrage de la Peña
- Les petites routes du Pays Basque et ses vautours.
- Le cap de Higuer, pointe occidentale des Pyrénées.
Quelques hébergements sympas :
Quelques restos :
- Restaurant Borda de Lana à Salardù
- Restaurant O’Spot à Murillo de Gàllego
L’accès au Cap de Creus est restreint pendant l’été :
L'essence est un peu moins chère en Espagne et bien moins chère en Andorre.
Il est très facile de trouver à manger en Espagne à toute heure. De même les hôtels bon marché sont très nombreux, y compris dans les villages de montagne.
Les campings espagnols sont bien équipés et très propres, et en général très peu chers.
Il peut faire très chaud l’été côté espagnol, mais dès qu’on prend de l’altitude la température baisse rapidement, notamment le soir. Et comme dans toutes les montagnes, la météo peut virer très rapidement : Une journée estivale bien chaude peut se transformer en apocalypse glacée en moins d’une heure !
Jour 1 – De Toulouse à Port de la Selva
Distance : 314 KM
Difficulté : 2/5
Route et un peu de piste sur la fin
Je suis parti de la maison en milieu de matinée pour rejoindre mon point de départ. Depuis Toulouse, de belles routes permettent de rejoindre la Catalogne en longeant les Pyrénées. Cette fois-ci, je souhaitais progresser assez vite et j’ai emprunté la vallée de la Lèze pour rejoindre Foix puis la D117 pour rejoindre Perpignan.
Une pause repas au café de la placette à Maury m’aura permis d’échanger avec 3 chouettes retraités pleins d'histoires à raconter. Ensuite, cap au sud par la D900 pour quitter la France au Perthus où la frontière longe littéralement la chaussée : Sur le trottoir on est en France, dans les magasins on est en Espagne ! De fait, les prix des marchandises sont aussi espagnols. 😉
Je fais le plein à la Jonquera et je bifurque vers Cantallops pour attraper une petite piste qui me mène au Castillo de Requesens puis une autre qui me ramène sur la route à Espolla pour aller jeter un œil au Monestir de Sant Quirze de Colera.
De là, je ne suis qu’à quelques encablures d’El Port de la Salva et de son camping où j’arrive vers 18h. Je serai à pied d’œuvre demain pour aller au Cap de Creus. Plus près de lui et très joli se trouve Cadaquès, qui mérite d’y aller si vous ne connaissez pas. Pour ma part, en cette saison, j’ai préféré m’éloigner un peu de ce lieu très (trop ?) connu. Plus encore, si vous avez un peu de temps devant vous, allez visiter la maison-musée de Salvador Dali à Portlligat !
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Jour 2 – De Port de la Selva à Setcases
Distance : 231 KM
Difficulté : 2/5
Pistes / Petites routes
Je décolle du camping à 8h pour le cap de Creus afin de passer à Portlligat avant les restrictions d’accès et de profiter du site de bonne heure, avant l’affluence estivale.
Au retour je prends le temps de plier le camp avant de me mettre en route sur la trace de l’ACT. Celle-ci grimpe par une jolie route traversant la sierra des Rodes puis me ramenant à nouveau vers la Jonquera en alternant petites routes et petits chemins, où je croiserai une biche, puis au Maçanet de Cabrenys. De là, une piste doit me conduire au Coll del Puig de la Neu. Malheureusement la piste est en travaux sur ses derniers kilomètres et je ne pourrai pas accéder au col. Par contre une autre piste me permet de rejoindre le Refugi de les Salines.
Après être redescendu, je m’offre une pause repas au Maçanet de Cabrenys et je reprends la route qui me refait passer en France pour quelques kilomètres.
À Lamanère, la route devient piste forestière. Malgré les panneaux en bord de piste, celle-ci est tout à fait praticable et m’amène juste sous le col d’Arès où se trouve une évocation de la Retirada : Beaucoup de réfugiés républicains de la guerre civile espagnole ont franchi ce col pour fuir l’Espagne après la victoire des nationalistes du général Franco.
De Molló à Setcases, j’emprunte une belle piste forestière autour de laquelle paissent sereinement des troupeaux de vaches, veaux et taureaux (énormes les taureaux !) et offrant une très belle vue dégagée sur de superbes paysages.
A Setcases, l’Hostal restaurante l'Esquella m’accueille dans son confort rustique et sympathique (le proprio roule en Pan America).
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Jour 3 – De Setcases à Arinsal
Distance : 251 KM
Difficulté : 2/5
Pistes / Petites routes
Je quitte l’hôtel à 9h pour rejoindre rapidement la 1ère piste. Celle-ci est très confortable et s’élève rapidement au-dessus de la brume matinale, les marmottes sont de sortie dans l'air frais et brumeux du matin. Le spectacle du soleil caressant les nuages n’a pas échappé non plus à Luis qui immortalise le paysage et avec lequel j’échange quelques mots.
Luis est un jeune allemand fraîchement sorti de l'école et au début d'une année sabbatique avant d’attaquer des études de vétérinaire. Permis en poche depuis seulement 3 mois, il a débuté le off road hier en suivant lui aussi l’ACT au guidon d'une 600 Transalp d'époque.
Nous décidons de poursuivre la route ensemble. Les pistes globalement très roulantes nous amènent jusqu’à Puigcerdá où nous nous approvisionnons pour le pique-nique que nous prendrons à Guils-Fontanera au milieu des chevaux habitués à côtoyer les humains. Avant cela, un court passage bien corsé au-dessus de Latour-de-Carol n’aura pas effrayé Luis : Il passe partout, sans tomber, même dans les passages difficiles !
Nous entrons en Andorre par la piste des contrebandiers, belle piste, moins roulante que les précédentes. J’avais dans l’idée une petite digression en montant au Pico Negro, mais nous tombons sur une barrière fermée. Je finirai par comprendre à postériori que l’accès au Pico Negro est désormais payant (25 € par véhicule) et qu’il ne faut pas se présenter trop tard à la barrière comme nous …
Tandis que Luis opte pour un bivouac ou un camping pas trop cher, je me dirige vers Arinsal où je passerai la nuit à l’Hostal Comapedrosa.
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Jour 4 – De Arinsal à El Pont de Suert
Distance : 236 KM
Difficulté : 2/5
Pistes / Routes
Je me mets en route à 8h30 pour rejoindre Louis au début de la trace, à Sant Julià de Lória. On démarre avec beaucoup de route, notamment la N260 et la C13, très agréables par leurs nombreux virages et les paysages magnifiques. Le Mirador de la Creu de Guils del Cantó offre un arrêt bienvenu pour les admirer.
Il aurait été possible de monter au col de Cabùs et de prendre la piste passant à Tor et rejoignant la C13 en passant par Alins, surtout depuis les hôtels recommandés à Arinsal (presque sur la route du col de Cabùs).
La montée au Port de la Bonaigua est toujours au top. De là nous redescendons dans le val d’Aran et, à Salardù, nous bifurquons au Nord pour prendre la jolie piste traversant la sierra d’Arenho. Le resto Borda de Lana, très bien situé, nous permettra de reprendre des forces. Au-dessus de Vielha, une belle piste nous fait rejoindre la route juste avant le tunnel.
Je me pose à El Pont de Suert, hostal Can Costa, tandis que Luis continue ce soir par la route jusqu'à Ansó, espérant éviter les orages annoncés pour le lendemain.
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Jour 5 – Pont de Suert à Villanuà
Distance : 268 KM
Difficulté : 3/5
Pistes / Routes
Et effectivement ma matinée a consisté en une belle course poursuite avec l'orage qui bien sûr m'aura rattrapé ! On s'est croisé au niveau du canyon de Aniscló où, pendant quelques minutes, un déluge s’est abattu sur ma tête ! Heureusement j’étais sur la route et pas sur une piste, ce qui est quand-même plus facile.
Avant ça, très belles pistes forestières, notamment la piste de Chía à Plan. Et quelques animaux croisés sur la route ou aperçus non loin : marcassins, cerf, et de superbes oiseaux jaunes et à la tête rouge.
Après une pause au Mirador del Canyon de Aniscló, je grimpe à Nerin pour tenter de prendre la piste qui longe la crète au-dessus de la vallée de Ordesa avant de redescendre à Torla. Je n’y croyais pas trop, cette piste étant réservée depuis quelques années aux seuls «véhicules autorisés». Ceux-ci étant en fait des 4x4 utilisés pour des balades payantes…
Petite pause repas à Torla, suivie de pas mal de route, avec une digression à Biescas avec une traversée de canal par un gué à sec. La route se poursuit jusqu'à une nouvelle piste à la sortie de Jaca. Piste ardue, faite de caillasses et de terre mélangées, grimpant fort et descendant fort aussi par moment. Heureusement, l'ensemble était très sec, ça aurait été très coriace, si ce n'est impossible pour moi, si la piste avait été grasse.
Je pousse jusqu’à Canfranc-Estación pour voir la monumentale gare internationale récemment rénovée en hôtel luxueux avant de redescendre à Villanuà où je passerai la nuit à l’Hostal Alto Aragón.
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Jour 6 – De Villanuà à Ansó
Distance : 234 KM
Difficulté : 2/5
Pistes / Routes
Aujourd'hui, je descends au sud de Jaca, par-delà la sierra de la Peña, jusqu’à la sierra de Loarre : En traversant la faille du Foz de Escalete je rejoins le Mirador de los buitres qui surplombe les Mallos de Riglos, puis le castillo de Marcuello et ensuite le castillo de Loarre. Je redescends pour passer à Riglos avant une pause à Murillo de Gàllego au resto O’Spot avec sa superbe vue sur les Mallos.
Avant de remonter vers le Nord, je vais voir le village d'Agüero et ses Mallos, et la iglesia de Santiago. Je passe sur le barrage de la Peña et je longe la voie ferrée pour boucler la boucle à la Peña.
Cette digression aura été vraiment fantastique, d’autant que je voulais me balader dans ce coin depuis longtemps ! Les formations géologiques spectaculaires des Mallos, les pistes, les châteaux, les vautours, les villages… Ce petit bout de région, las Peñas de Riglos, est habité d’une ambiance bien particulière qui contraste avec les vallées des Pyrénées toutes proches.
Je termine ensuite ma journée au-dessus de Jaca jusqu'à Ansó où le gérant du camping local, plutôt bourru de prime abord, finira par m’indiquer une place où poser ma tente et sera même de bonne compagnie pour la soirée. Au demeurant, ce sera mon hébergement le moins cher de toute ma virée.
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Jour 7 – De Ansó à San Sébastian
Distance : 260 KM
Difficulté : 2/5
Pistes / Petites routes
Ce matin, j’échange quelques mots avec Douglas qui a monté sa tente à côté de la mienne hier en fin de journée. Douglas, un espagnol de Tenerife, roule en Africa Twin. Pilote sur un navire de croisière, il alterne 3 mois de boulot non-stop et 3 mois de congés, ce qui lui laisse le temps de voyager à moto.
Nous démarrons à 10h passées par des petites routes puis une belle piste forestière entre Igal et Ochagavia. Après une longue pause repas avec menu complet à Orbaizaita, on entre au pays basque et... on trouve une fine pluie qui ne nous lâchera plus !
La suite sera une longue succession de toutes petites routes, un peu grasses à cause de la bruine, parfois couvertes de mousse et quand-même un peu fréquentées. On a même ajouté une petite digression vers Harluze pour aller admirer les vautours et pour profiter encore plus des paysages mystiques de cette région. Une dernière petite piste surprise et nous voilà arrivés au bord de l'océan ! On se pose au camping du Faro de Higuer à 20h et on admire le soleil disparaître derrière l’océan.
Un petit mot à propos de l’ACT Pyrénées : Je pense que la proportion de piste est plus réduite que celle annoncée (je dirais plutôt 35% que 55%) ; cela est dû j’imagine à des modifications de dernière minute du tracé. Bien sûr, cela n’enlève pas la beauté des itinéraires empruntés !
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Jour 8 – De San Sébastian à Saint-Vincent-de-Tyrosse
Distance : 127 KM
Difficulté : 1/5
Route
La nuit a été pluvieuse, la matinée l’est aussi ! On prend notre temps pour lever le camp et avant de se séparer, nous allons jeter un œil au mirador Jaizkibel. Tandis que Douglas se dirige vers le désert des Bardenas, je mets le cap au Nord en passant par la route de la corniche, Saint-Jean-de-Luz et le phare de Biarritz avant de rejoindre mon cousin David qui tient la Casa Tacos à Saint-Vincent-de-Tyrosse.
Une baignade à Capbreton, un coup de main à la Casa Tacos à l'occasion des fêtes de Saint-Vincent-de-Tyrosse et une courte nuit dans l’appart du cousin termineront la journée.
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Jour 9 – De Saint-Vincent-de-Tyrosse à Toulouse
Distance : 283 KM
Difficulté : 1/5
Route
Dernier jour de ma virée, je passe faire un coucou à l’équipe de David à Saint-Vincent-de-Tyrosse et me mets en route.
Le retour vers Toulouse se fera par le Gers, avec une pause à Marciac, petite cité en plein préparatifs de son festival de jazz plutôt réputé.
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Monestir Sant-Quirze-de-Colera
Cap de Creus
Col d'Ares
Collada Fonda
Guils-Fontanera
Guils-Fontanera
Collada de Pimes
Sierra d'Arenho
Maladeta et Aneto
Pont-de-Suert
Canyon de Anisclo
Canfranc Estacion
Foz de Escalete
Mirador de los Buitres
Castillo de Marcuello
Castillo de Loarre
Mallos de Riglos
Aguero
Presa de la Pena
Pays Basque
Vautours
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